vendredi 17 novembre 2017

Le bon usage des antibiotiques, une question de santé publique prioritaire

Nous avons tous entendu ce slogan « Les antibiotiques, c’est pas automatique ! ». Derrière celui-ci, se cache un véritable enjeu de santé publique : l’antibiorésistance. 


En effet, l’augmentation régulière de la consommation des antibiotiques et du nombre de bactéries multi-résistantes (BMR) constitue une menace sanitaire croissante et représente l’une des grandes priorités de santé. Chaque année, en France, 150 000 personnes sont infectées par une bactérie résistante et plus de 12 500 décès sont imputables à ces infections.
Face à l’urgence de trouver de nouvelles thérapies, de préserver les antibiotiques existants et de limiter la progression des résistances, de nombreux pays ont lancé des plans ambitieux. Au niveau européen, la France qui est un des plus gros consommateurs d’antibiotiques avec une consommation supérieure d’environ 30% à la moyenne européenne a déployé plusieurs plans d’actions pour diminuer cette consommation jusqu’à rejoindre la moyenne européenne dans les 5 ans. Cette situation justifie l’intensification des messages d’information vers les professionnels de santé et aussi vers le grand public afin de renforcer la prévention et la maîtrise de l’antibiorésistance.
Pour cela, les antibiotiques doivent être prescrits à bon escient, ce qui n’est pas forcément toujours le cas. Des actions de sensibilisation sont mises en place à l’échelle européenne et mondiale pour alerter sur cette problématique :
- Le 18 Novembre 2017 est la journée européenne d’information sur les antibiotiques,
- Et la semaine jusqu'au 19 novembre 2017 est consacrée à cette thématique par l’Organisation Mondiale de la Santé.

https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/la-maitrise-de-lantibioresistance-une-priorite-de-sante-publique

La Nouvelle-Aquitaine accueillera la prochaine Coupe du Monde de Rugby en 2023

« Terre de rugby », la Nouvelle-Aquitaine est fière d'accueillir la prochaine Coupe du Monde de Rugby en 2023.


 Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, se félicite de l'organisation par la France de la prochaine Coupe du Monde de Rugby en 2023 et de l'accueil en Nouvelle-Aquitaine, « terre de rugby », de plusieurs matchs de haut niveau qui vont mettre « les valeurs de l'ovalie au premier rang de l'animation et l'attractivité de notre région ». Un événement d'envergure internationale auquel participeront Bordeaux en Nouvelle-Aquitaine et Toulouse en Occitanie Midi-Pyrénées qui « permettra à un public nombreux de découvrir les milles et une richesses patrimoniales, culturelles, gastronomiques ou touristiques de nos territoires et terroirs ». Une condition de la réussite et des meilleures retombées de cet événement sera de disposer des meilleures conditions de mobilité avec « des infrastructures de transport adaptées ». La réalisation des Grands Projets ferroviaires du Sud Ouest (GPSO) prennent ainsi tout leur sens, tout comme « CDG Express » et les lignes du Grand Paris seront indispensables au succès des JO de Paris 2024 !

Saintes : Fils et petit-fils de cheminot, le maire Jean-Philippe Machon soutient le personnel du Technicentre

En ouverture du conseil municipal qui s’est tenu mercredi, le maire Jean-Philippe Machon a donné la parole à un représentant du personnel du Technicentre, menacé par la perte de 135 emplois. Une nouvelle épreuve à la fois pour les familles et pour Saintes qui a déjà "encaissé" le départ du siège du Crédit Agricole et la fin de Saintronic. « La fermeture du site serait compensée par des créations d'emplois non cheminots. Le conseil municipal ainsi que les parlementaires sont sensibles à cette situation. Je suis moi-même fils et petit-fils de cheminot. Nous veillerons à ce que la SNCF tienne ses engagements » souligna Jean-Philippe Machon. 
Par ailleurs, à la demande du sénateur Daniel Laurent, une grande mobilisation aura lieu le 9 décembre de 11 h à 13 h à la gare de Pons pour le renforcement de la ligne Saintes/Bordeaux. « Mettre Saintes à une heure de Bordeaux, c'est permettre à des personnes de pouvoir travailler dans la capitale girondine tout en continuant à habiter à Saintes » ajouta le maire avant de donner la parole à l'Union locale CGT que préside Agathe Morin :

Le conseil municipal réuni mercredi soir
Se battre pour le Technicentre
« Depuis que Guillaume Pepy a annoncé son projet de supprimer 135 emplois sur le site de Saintes du Technicentre Charente-Périgord, la mobilisation s’organise pour le retrait de ce plan.
Une pétition intersyndicale a recueilli près de 2 000 signatures, dont celles de maires et conseillers municipaux de communes de la Communauté d’agglomération de Saintes.
Des délibérations ont été adoptées par plusieurs conseils municipaux, adressées au Ministère des Transports, au Président de la SNCF Guillaume Pepy, qui indiquent, en substance :
Considérant que l’arrêt de la maintenance industrielle du matériel roulant sur le site de Saintes, raison d’être de cet établissement, lui porterait un coup fatal,
Considérant que le projet de la direction SNCF n’est pas une « reconversion » mais un véritable démantèlement du Technicentre,
Considérant le sort promis à 95 familles qui devraient aller travailler ailleurs, loin de Saintes pour la plupart, les difficultés que cela entraînerait pour elles,
Considérant la situation économique fortement dégradée du bassin d’emploi de la CDA de Saintes et alentour, en raison de la fermeture des usines Saintronic, Brossard, Wesper, Futurlift, du départ du siège du Crédit agricole de Saintes qui ont fait disparaître près de 900 emplois en quelques années,
Considérant que la suppression de 135 emplois directs entraînerait la perte de nombreux emplois induits (entreprises extérieures travaillant pour la SNCF, sous-traitance),
Considérant les graves conséquences pour les communes, les écoles, l’immobilier que ces suppressions d’emplois génèreraient,
Considérant la nécessité de développer les activités ferroviaires pour répondre aux besoins de la population, garantir la sécurité et améliorer le confort des usagers,
Considérant les propositions, faites par les organisations syndicales, par exemple la rénovation à Saintes de rames régionales pour en prolonger la durée de vie, au lieu de les mettre à la casse prématurément,
Nous vous demandons de retirer immédiatement le projet de suppressions d’emplois au Technicentre de Saintes ; de maintenir tous les emplois et de doter en charges de travail le Technicentre pour la poursuite de la maintenance industrielle du matériel roulant.

Lors de la réunion en mairie de Saintes du vendredi 13 octobre, la Direction SNCF a remis un seul document aux participants : un avant-projet de création d'un centre de démantèlement de matériel ferroviaire roulant hors d’usage. Or, l'espace occupé par ces installations empêcherait la poursuite de toute maintenance industrielle de matériel roulant. Ces aménagements rendraient donc impossible la rénovation de rames régionales voyageur (X72500 et X73500), projet porté par les organisations syndicales, que le Président de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy, le 29 septembre à La Rochelle s'était pourtant engagé à faire étudier ! Tout porte à croire que la Direction SNCF n’entend guère honorer ses engagements de compenser la perte d’emplois existants par de nouvelles créations d’emplois.
D’autre part, dans une perspective de développement du transport ferroviaire, les activités de maintenance industrielle peuvent et doivent être poursuivies au sein du Technicentre. La Direction de la SNCF le disait d’ailleurs elle-même, lors des journées « Portes ouvertes » en 2013, où elle vantait les atouts de cet établissement : « Nous devons nous adapter pour assurer la maintenance des nouveaux matériels qui vont arriver ». Nous y voici. La SNCF doit honorer ses engagements. Les installations et équipements le permettent. Ce serait un énorme gâchis que d’abandonner cette activité.
Telles sont les raisons pour lesquelles nous demandons au conseil municipal de Saintes de voter une délibération pour demander que le projet de la Direction SNCF soit stoppé ». Ce qui a été fait par les élus.

Le public présent au conseil municipal
• Le lendemain, une grande manifestation avait lieu contre les réformes libérales d’Emmanuel Macron.
Plus de 300 personnes ont répondu à l’appel des syndicats devant le Palais de justice. 

Communiqué de la CGT : « Les attaques contre les fonctions publiques sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus fortes notamment chez les hospitaliers comme nous l’a expliqué notre camarade mais aussi chez les territoriaux. Nous subissons des attaques nationales tel que le PPCR en ce moment, le RIFSEEP demain et bien d’autres encore que le gouvernement ne tardera pas à nous pondre pour détruire le service public. Et oui, nous fonctionnaires, nous sommes une espèce en voie de disparition et la raison est simple : nous ne rapportons rien ! Pire nous coûtons bien trop cher pour assurer un service public de qualité. Et maintenant, de façon décomplexée les politiciens annoncent jusqu’à 500 000 suppressions de poste chez les fainéants de fonctionnaires pendant qu’ils font travailler leur petite famille avec notre argent !
Les attaques que nous subissons ne sont pas que nationales : à la ville de Saintes, le maire vient d’annoncer la disparition de 40 postes d’ici 2019. Elle se fera par la non reconduction de certains contrats, le non remplacement des départs en retraite etc. A la communauté d’Agglomération de Saintes, les agents de l’éducation seront impactés par les fermetures de classe. Les transferts de compétences accélèrent les disparitions des services publics. De cette façon en 2008, les pompes funèbres de Saintes ont été transférées à une entreprise privée. Aujourd’hui elles n’ont de publiques que le nom car elles sont devenues les plus chères de Saintes alors qu’elles étaient censées donner l’accès à des funérailles pour les plus démunis. De plus, les derniers agents publics y travaillant demandent leur réintégration. C’est dire si l’ambiance y est bonne….
En conclusion, un petit d’œil aux ATSEM en leur disant de continuer la lutte car il y a eu quelques avancées du Gouvernement, mais nous sommes encore loin  du compte ».

jeudi 16 novembre 2017

Saintes : Le retour du 4 x 4 de Jean-Philippe Machon dans le rapport de la Cour des Comptes

Mercredi, parmi les dernières questions inscrites à l’ordre du jour du conseil municipal de Saintes, figurait le rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur une période allant de 2011 à 2016 (à cheval sur deux maires, Jean Rouger et Jean-Philippe Machon). Il fait ressortir l’affaire du 4 x 4 de Jean-Philippe Machon, laquelle a fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Le recours déposé par Philippe Callaud est toujours entre les mains du Tribunal Administratif de Poitiers

Le conseil municipal présidé par Jean-Philippe Machon
Mercredi 18 h. Le nombre des dossiers inscrits à l’ordre du jour en dit long sur la durée du conseil municipal. Pas moins de 40, ce qui fait dire à l’opposition « il serait peut-être judicieux d’organiser des conseils plus nombreux dans l’année. Ils sont seulement au nombre de 5 actuellement ». Comme par hasard, celui qui concerne le rapport de la Cour des Comptes passe pratiquement en dernier après une suspension de séance, demandée par Josette Groleau aux alentours de 22 h. Tout le monde part se dégourdir les gambettes ou fumer une cigarette tandis que Josette Groleau croque une pomme. Clin d’œil à Eve dans le jardin originel ou à Steve Jobs ?


Retour dans l’arène (sans les gradins). Jean-Philippe Machon sait que le rapport de la Cour des Comptes attirera les réactions de l’opposition. Pour mémoire, rappelons que cette instance, qui examine la gestion des communes, est appelée à émettre des remarques. « Elle n’a pas relevé d’anomalies importantes pouvant faire l’objet de sanctions » précise le maire.

Parmi les points relevés, la rupture de la mutualisation entre la commune et la CDA (quand Jean-Philippe Machon a été remercié de la présidence de la CDA). La situation a entraîné un accroissement des charges de personnel puisque « chacun a repris ses propres équipes ». D’où « une expérience qui a montré ses limites lors des changements de gouvernance ». « C’est le même cas à Royan ou Angoulême » explique Jean-Philippe Machon. Plusieurs budgets annexes de la mairie sont à surveiller (golf, salons, etc). La participation de la ville au syndicat de voirie fait apparaître « une situation juridique confuse », des lacunes d’information sont à pallier avec l’EPCI. En ce qui concerne les budgets, des anomalies touchent les immobilisations. En ce qui concerne le personnel, la durée légale du temps de travail n’est pas réellement accomplie et l’absentéisme est important : « la CRC insiste sur l’organisation du temps de travail qui ne respecte pas l’horaire annuel légal qui est actuellement de 1607 heures. Par ailleurs, elle note un absentéisme pour raison de santé en 2015, largement supérieur aux moyennes nationales, qui nécessite une attention particulière pour y remédier. De plus, l’examen des contrats et des rémunérations des agents contractuels de catégorie A met en évidence des insuffisances et des irrégularités d’attribution de logements à certains emplois ». 

Jean-Philippe Machon souligne que ce rapport, allant de 2011 à 2016, inclut aussi Jean Rouger. Et de rappeler la ligne directrice de son action : « protéger Saintes avec une gestion rigoureuse, sans augmentation de la fiscalité locale, et favoriser l’attractivité de la ville par l’économie et le tourisme ». A mi-mandat, il estime qu’il a rempli son contrat : « aujourd’hui, nous devons penser à ce que sera la ville dans 10 ou 20 ans. Nous devons faire face à la baisse des dotations de l’Etat, lequel est censé nous apporter des compensations. Mais une évidence s’impose : plus en plus, les communes seront dépendantes de l’Etat ». La décentralisation aurait-elle du plomb dans l’aile ? « En ce qui concerne les agents, je prends acte de leurs efforts et de l’organisation du travail dans les services. J’estime que notre gestion, cohérente, correspond à l’ambition de la ville ». Pas un mot à ce moment-là sur la fameuse histoire du 4 x 4 qui figure cependant dans le rapport…

Philippe Callaud : « L’opposition aurait pu écrire ce rapport » !

C’est quoi l’affaire du 4 x 4 pour ceux qui ne l’auraient pas suivie ? En 2015, élu depuis un an, Jean-Philippe Machon souhaite que la mairie de Saintes puisse acquérir son ancien véhicule de fonction (qu’il utilisait quand il appartenait au groupe Nexans). Il s’agit d’un modèle élégant, un 4 x 4 BMW X3 qui coûte entre 42000 et 61000 euros neuf selon les équipements. Le 14 avril, la mairie signe un bon de commande pour faire cette acquisition auprès de la société de location au prix de 24949 euros. Or, une telle démarche est jugée irrégulière quand il s’agit d’argent public, le maire ayant du solliciter plusieurs devis ou effectué d’autres mesures de mise en concurrence.
A l’époque, la crise est majeure au sein du conseil, le maire étant soupçonné « d’avoir manœuvré à sa guise sans se soucier des avertissements de son entourage ». Les remous finissent par s’apaiser avec ce communiqué du premier magistrat qui répond aux accusations d’enrichissement personnel : « ce véhicule ne m’a jamais appartenu, je le conduisais en tant que véhicule de fonction. J’ai souhaité que la mairie en fasse l’acquisition parce qu’il était d’occasion et que la ville pouvait alors faire des économies. J’ai fait une erreur de procédure. Je suis conscient de l’énorme émotion et de l’émoi que cet événement a suscité chez les élus saintais, dans les services et la population. J’en suis absolument désolé. Cette erreur qui m’incombe personnellement, j’en assume la responsabilité ».  Dont acte. Philippe Callaud, membre de l’opposition, dépose alors un recours auprès du Tribunal administratif de Poitiers, toujours actualité…

Crise à la mairie en 2015 : Jean-Philippe Machon est assailli par les journalistes
2015 : Manifestant devant les grilles de la mairie. Outre Machon, il est question de Macron...
Par la suite, la mairie adopte les procédures requises dans le respect des normes : cession du 4 x 4 au prix ferme de 25410 euros et achat de deux véhicules neufs. Un appel public à la concurrence est publié. Le garage retenu émet des réticences quant au prix du 4 x 4, 25410 euros. Pour arriver à reprendre ce véhicule à tel montant coté à l’argus un peu plus de 16373 euros, il a recours à un transfert de marge sur les deux nouvelles berlines. « Cela signifie qu’une partie de la remise accordée est passée dans la reprise. Les deux berlines sont plus chères que dans le cas d’un achat sans reprise » remarque la Cour des Comptes.

Bref, cette histoire fait maintenant partie du passé mais elle avait, à l’époque, attiré l’attention de la presse nationale. Philippe Callaud ironise sur cet épisode. « J’ai envie de dire que ce rapport, votre opposition aurait pu l’écrire. Toutes ces alertes, nous les avons lancées. La mutualisation avec la CDA, nous l’avons soutenue et depuis que vous n’êtes plus président de cette collectivité, on note une hausse importante des dépenses de personnel. Idem avec tous les sujets évoqués, budgets, autofinancement, marchés publics, baisses des subventions aux associations. Nous n’avons pas de connaissances comptables, mais nous avons du bons sens ! ». Laurence Henry partage ce sentiment : « Prenez par exemple votre nouveau sens de circulation. Il ne peut pas marcher puisque déjà expérimenté par d’autres avant vous. On vous l’a dit, vous n’écoutez pas.  Il n’y a pas de consensus au sein de votre équipe. Vous créez des dysfonctionnements en continuant à vouloir tout gérer par vous-même. Entendez donc les autres ! ».  
 
Et si les élus étaient payés en monnaie Beunèze ?


L'opposition regrette le manque d'écoute du maire...
Idée lancée par Laurence Henry afin que le maire joue pleinement la carte locale : « un bon signe serait que les indemnités des élus puissent être payées en monnaie Beunèze. Ainsi, vous prouveriez votre soutien aux initiatives saintaises. Et quand vous allez voir les commerçants, ne vous arrêtez pas en milieu de rue ! ». Pour info, la monnaie Beunèze est en cours sur les secteurs de Saintes et Royan dans les commerces adhérents. Le maire hoche la tête…
Serge Maupouet s’interroge, quant à lui, sur les mesures prises après ce rapport qui aurait du être présenté plus tôt en assemblée. « Se traduit-il par des actes concrets ? ». Des inquiétudes règnent également au sujet du site Saint-Louis (travaux en 2018). « Le prêt a été renégocié » répond Jean-Philippe Machon qui conclut par un témoignage à son personnel : « La DGS a une formation juridique, nous avons un directeur juridique, je leur fais confiance ».
Les questions se poursuivent avec Josette Groleau qui ne voit manifestement pas le temps passer. La Gauche estime qu’elle n’est pas suffisamment informée des dossiers, vieille friction est majorité et opposition…

Centre hospitalier de Saintonge : une offre de soins palliatifs complète pour les patients du Sud et l'Est de la Charente-Maritime

Première du genre en Charente-Maritime, une Unité Territoriale de Soins Palliatifs (USTP) de 12 lits accueille ses premiers patients aujourd’hui 16 novembre au centre hospitalier de Saintonge dans des locaux rénovés et adaptés à son activité. L’ouverture de cette unité est la dernière pierre du dispositif permettant de proposer une offre de soins palliatifs complète pour les patients du territoire Sud et Est de la Charente Maritime. En présence du dr Virginie Verliac et de son équipe, cette unité a été présentée mercredi après-midi au maire de Saintes Jean-Philippe Machon.

Présentation de l'unité au maire Jean Philippe Machon par l'équipe médicale et Fabrice Leburgue, directeur du CH
Qu’appelle-t-on soins palliatifs ? 

Les soins palliatifs visent à soulager les douleurs physiques ainsi que tous les autres symptômes, sources de souffrance ou d’inconfort en rapport avec une maladie grave et évolutive. Ils prennent en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle de la personne malade et de son entourage. Les professionnels des soins palliatifs cherchent à donner au patient, dans le respect de ses droits, une place centrale dans les décisions qui le concernent.

• Zoom sur l’Unité territoriale de soins palliatifs

L’équipe, pluridisciplinaire, est placée sous la responsabilité du docteur Virginie Verliac. Elle comprend quatre médecins les docteurs Eric Bonnin, Lucas Celeste, Isabelle Masson et Virginie Verliac, un cadre de santé Mme Valérie Petit-Nicolas, deux assistantes sociales, trois secrétaires médicales (2,40 ETP), dix infirmières, dix aides-soignantes, cinq agents des services hospitaliers, un psychologue, un kinésithérapeute, une psychomotricienne. Elle peut être amenée à faire appel à d’autres ressources hospitalières : orthophoniste, infirmière stomathérapeute, équipe transversale de nutrition. Une convention de prestation est établie avec 1 podologue et 1 prothésiste libéraux.

Le Sud et l'Est disposent désormais d'une offre de soins palliatifs complète pour les patients

• 
L’importance des bénévoles

C’est une des particularités du travail en soins palliatifs. Une équipe de bénévoles de l’ASP17 (association pour le développement des soins palliatifs) complète l'activité des soignants par un accompagnement des malades et de leurs proches, dans le respect de leur intimité et à leur rythme, à travers une présence, une disponibilité et une écoute attentive. L’ensemble de cette équipe est formée ou engagée depuis le mois de juin dans une formation « Soins Palliatifs » pour initier une culture commune de prise en charge palliative. Localisée à Saintes, dans les locaux du centre hospitalier de Saintonge, elle s’inscrit dans un schéma général d’offre de soins du territoire de santé Sud et Est de la Charente-Maritime. Toute personne domiciliée sur ce secteur géographique peut en bénéficier. Elle réserve ses capacités d’admission aux situations les plus complexes et difficiles. L’entrée en UTSP se fait sur dossier de demande d’admission par le médecin traitant ou le médecin du service dans lequel la personne est hospitalisée, en fonction de critères définis. C’est la multiplicité de ceux-ci qui justifie l’indication d’une admission en unité de soins palliatifs.

Les différents niveaux de prise en charge 


En fonction de l’état de santé du patient, il existe plusieurs niveaux de prise en charge : Hospitalisation « temporaire » de « répit » qui permet aux proches de « souffler » ; de « repli » lorsque les soins deviennent trop lourds pour les professionnels en charge de la personne ; hospitalisation « classique », séjour de fin de vie dont il est impossible de définir la durée ; consultations externes de soins palliatifs pour les patients et/ou les proches, afin de (ré)-évaluer la situation ; accompagnement pour les proches endeuillés.

• Les locaux de l’UTSP se situent actuellement au niveau 1 du centre hospitalier de Saintonge.
• Toutes les chambres sont individuelles et adaptées aux personnes à mobilité réduite. Elles sont équipées d’un lit médicalisé électrique, d’un système d’appel malade, de fluides médicaux et d’oxygène
 

• Des soins à l’hôpital, à l’Ehpad ou au domicile

Selon le souhait du patient et la capacité de l’entourage, la prise en charge en soins palliatifs s’effectue en institution ou au domicile et lieu de vie (EHPAD, long séjour). Une coordination s’opère entre les différents modes de prises en charge. 
Le territoire Sud et Est de la Charente-Maritime dispose désormais de l’ensemble de ces structures, dont le centre hospitalier de Saintonge est l’animateur, le coordinateur central :
• Une Unité de Soins Palliatifs (USP) :
Structure d’hospitalisation de 12 lits, il s’agit d’un lieu de soins et de vie pour les personnes malades et leurs proches. Elle accueille de façon temporaire les patients atteints de maladie grave et évolutive dont l’état nécessite des soins continus, adaptés et personnalisés. Ses lits sont totalement dédiés à la pratique des soins palliatifs et de l’accompagnement. Elle réserve sa capacité d’admission aux situations les plus complexes et difficiles. L’équipe de l’unité assure une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche.

• Une Equipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP) : 

Créée en mars 2000, cette équipe territoriale apporte une aide, un soutien, une écoute active, des conseils aux soignants qui prennent en charge des patients en fin de vie dans d’autres services. Après analyse des difficultés, elle propose un projet de soins personnalisé pour le suivi du patient.
Sa mission concerne la prise en charge globale du patient et de son entourage familial, la prise en charge de la douleur et des autres symptômes, l’accompagnement psychologique et psychosocial, le rapprochement, le retour et le maintien à domicile, la sensibilisation aux soins palliatifs et à la réflexion éthique.
Les professionnels de l’équipe mobile de soins palliatifs, adossée au centre hospitalier de Saintonge interviennent au-delà du périmètre de ce seul établissement, compte- tenu de sa vocation territoriale, dans les services des Centres Hospitaliers de Saint- Jean-d’Angély, Royan, Jonzac, Boscamnant ainsi qu’à la Clinique Richelieu à Saintes, la Clinique Pasteur à Royan et l’EHPAD de Corme-Royal. Des consultations externes y sont également proposées.
De plus en plus d’établissements médico-sociaux sollicitent l’EMSP pour des actions de formation/sensibilisation de leur personnel, mais aussi pour des conseils dans le cadre de prises en charge. Depuis janvier 2017, de nouveaux EHPAD ont conventionné en ce sens avec l’EMSP.
Au-delà de la simple sphère d’intervention institutionnelle, l’EMSP réalise des accompagnements et un suivi au domicile des patients sur le territoire Sud et Est de la Charente-Maritime.  En 2016, 1074 patients ont été pris en charge par l’EMSP dont 467 au Centre Hospitalier Saintonge.

• Des lits identifiés en soins palliatifs (LISP) 

Ce sont des lits situés au sein d’un service d’hospitalisation. Ils permettent une ouverture et un lien entre le domicile et les établissements, par exemple dans le cadre d’un réseau de santé (soins palliatifs, cancérologie). Ces lits permettent, par exemple, d’assurer un repli des patients du domicile.
Le GHT de Saintonge (groupement hospitalier de territoire) dispose de LISP depuis 2006 : 6 sont situés au centre hospitalier de Saintonge dont 4 sont regroupés dans une aile du service d’oncologie avec un projet de service structuré et 2 autres sont en réflexion de regroupement en gériatrie afin d’aider à une meilleure accessibilité aux soins palliatifs des patients dans le grand âge ; 4 sont situés au centre hospitalier de Saint Jean d’Angély dont 2 installés en médecine polyvalente et 2 en gériatrie ; 4 sont situés au centre hospitalier de Royan ; 2 sont situés au centre hospitalier de Jonzac. 


• Au domicile 

Selon le souhait du patient et la capacité de l’entourage, la prise en charge en soins palliatifs peut s’effectuer au domicile. La prise en charge à domicile requiert la disponibilité d’une équipe de proximité pluridisciplinaire : médecin traitant, 
infirmiers libéraux, SSIAD, kinésithérapeute, orthophoniste, auxiliaires de vie, services d’aide à domicile ainsi que la mise en lien avec les associations de bénévoles d’accompagnement (ASP 17 – Association pour le développement des soins palliatifs) en coordination avec le service d'Hospitalisation À Domicile (HAD) 
L’HAD du Centre hospitalier de Saintonge dispose d’une capacité de 72 places.
La configuration du territoire Sud et Est de la Charente-Maritime a induit une organisation de l’HAD répartie en 4 antennes situées dans les 4 centres hospitaliers du GHT de Saintonge (Saintes – St Jean d’Angély – Jonzac – Royan).
Une équipe commune gère l’ensemble du dispositif. Elle est composée de médecins coordonnateurs, d’un cadre de santé, d’infirmiers coordinateurs et de deux secrétaires médicales assurant notamment la plateforme téléphonique (numéro unique) pour l’ensemble du territoire. 
L’HAD assure au domicile des patients des soins complexes coordonnés, en lien avec le médecin traitant, dans les mêmes conditions de qualité et de sécurité qu’à l’hôpital, sur prescription d’un médecin hospitalier ou de ville. 
Sur le territoire, le mode de prise en charge des soins palliatifs en HAD représentait 30% des admissions en 2015 et 21% en 2016. 


• De nouveaux locaux affectés à la psychiatrie pour adultes en octobre 2018

L’implantation de l’unité de soins palliatifs du CH de Saintes s’inscrit dans le projet de réorganisation des activités de la direction commune des centres hospitaliers de Saintonge et de Saint Jean d’Angély. L’activité d’hospitalisation complète de SSR (soins de suite et de réadaptation) du centre hospitalier de Saintonge a été transférée au centre hospitalier de Saint Jean d’Angély les 6 et 7 novembre. Cette opération libère des locaux qui seront attribués après une phase de travaux au service de psychiatrie de l’adulte en octobre 2018.  Par ailleurs, le projet médical de psychiatrie de l’adulte prévoit un renforcement des structures extra hospitalières et une diminution du nombre de lits d’hospitalisation complète. Ce redéploiement progressif a permis, en juillet dernier, de libérer une unité de psychiatrie de l’adulte.
C’est dans ces locaux que l’UTSP est implantée de façon provisoire avant un projet définitif en octobre 2018 dont l’architecture sera intégralement conforme aux attentes d’une telle structure (salle des familles /activités, bureau dédié aux bénévoles, salle d’eau collective /thérapeutique, office alimentaire dédié).