lundi 19 avril 2010

Xynthia : Ségolène Royal
écrit à Nicolas Sarkozy


Lettre ouverte au Président de la République et au Premier Ministre de la part de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, des maires de communes sinistrées et des associations de défense des victimes de la tempête de Charente-Maritime.

Réunis le 14 avril 2010 à Bourcefranc par la Présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, les maires des communes sinistrées à la suite de la tempête du 28 février 2010, ainsi que les associations de défense des habitants et de l'environnement, ont exprimé leur volonté d'unité d'action et leur décision de mettre en place un collectif de défense, face à la brutalité des zonages et à l'incohérence en de nombreux endroits du tracé.
Ils ont aussi manifesté leur colère face aux promesses non tenues d'aides d'urgence faites par le Président de la République et les ministres sur le terrain.
Ils demandent solennellement d'être respectés :
- Respect par la suspension du zonage annoncé par le préfet et l'ouverture immédiate d'une concertation des maires et des associations avant stabilisation d'un nouveau zonage sur la base d'expertises sérieuses et contradictoires.
- Respect de la parole donnée, par le déblocage immédiat des fonds promis par le président de la République et par les ministres depuis près d'un mois et demi et qui n'ont toujours pas été versés aux collectivités, aux ostréiculteurs, aux agriculteurs, aux entreprises sinistrées et aux personnes, alors que les besoins sont immenses et urgents.
- Respect de l'engagement de rapidité pris par le Premier ministre selon lequel les personnes connaîtraient dans un mois au plus tard le montant des indemnisations proposées
- Engagement de la responsabilité de l'État quant au mauvais entretien des digues et présentation d'un plan d'urgence de travaux.
Ils demandent justice démocratie, et humanité dans la prise en compte de leurs difficultés.

• Communiqué du Parti Ouvrier Indépendant
Aucune maison rasée contre le gré des habitants !


Après la détresse de la population sinistrée est venu le temps de la colère et de la riposte. « Xinthia nous a touchés, l’Etat nous a coulés ! », « L’Etat ne nous a pas protégés et maintenant il veut nous déporter ! », « On veut sauver tout le village ! » tels sont les slogans sur les banderoles des manifestants devant la Préfecture mercredi dernier.
Colère contre la décision de détruire 595 maisons, colère contre l’Etat qui en se désengageant de ses obligations a laissé les digues à l’abandon. « On va détruire des maisons au lieu de construire des digues » criait un habitant de Charron à l’adresse du Préfet ! Au lieu de détruire les maisons que le gouvernement débloque immédiatement tous les fonds nécessaires à l’entretien ou à la construction des digues et autres infrastructures destinées à protéger les habitants ! Colère des maires, rendus injustement responsables de l’attribution des permis de construire alors qu’en dernière analyse ce sont les services compétents de l’Etat qui les ont validés.
Ces derniers jours, les déclarations et les effets d’annonces se sont succédé. C’est Maxime Bono, député maire de La Rochelle qui a déclaré : « Il y a quelques contestations, mais nous sommes globalement d’accord sur la cartographie. Nous avons été entendus ! ». Mais qui donc a été « entendu » ? Certainement pas les habitants des communes sinistrées !
Ségolène Royal a, pour sa part, regretté que le zonage ait été décidé « brutalement ». Aurait-il été acceptable s’il avait été imposé en douceur ? Elle a demandé au Président de la République de « suspendre » ce zonage. Le Conseil général unanime demande au gouvernement « une nouvelle étude du zonage ». Est-ce qu’un autre zonage apportera satisfaction à tous les habitants qui veulent conserver leur maison ? Une commission sénatoriale est en train d’enquêter sur place. Le 15 avril plusieurs ministres et secrétaires d’Etat sont venus à La Rochelle « pour dissiper les malentendus ». Mais, comme le déclare le collectif des sinistrés : « les actions de déracinement et d’expropriation restent une véritable menace, c’est pourquoi nous réclamons leur abandon. Nous ne voulons pas payer les carences et la précipitation de l’Etat ».
Les habitants qui manifestent leur colère, veulent conserver leur maison !
Si l’Etat maintient ses décisions, il est de la responsabilité de tous les élus qu’ils soient députés, sénateurs, conseillers généraux et régionaux, d’être, comme les élus municipaux, avec les habitants pour empêcher la destruction de leur maison contre leur gré!

parti-ouvrier-independant.17000@orange.fr

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