mercredi 15 mars 2017

Présidentielles : « Les hommes politiques n'ont jamais été confrontés à des postes où il y a une obligation de résultats »...

Cette réflexion de David démontre bien le décalage qui existe actuellement entre la classe politique et la jeunesse. Des jeunes confrontés à la recherche d'un boulot, qui se battent pour tirer leur épingle de jeu et préparer leur avenir dans de bonnes conditions. 
Cette semaine, nous poursuivons notre tour d'horizon sur les élections avec cette question : Quel regard portez-vous sur la campagne des Présidentielles ? ». Les réponses sont aussi nuancées que celles du premier volet...


• David Boirier, 26 ans  : « Les hommes politiques n'ont jamais été confrontés à des postes où il y a une obligation de résultats »...

« Je trouve cette campagne présidentielle assez ridicule et dépourvue d’intérêt de par les évènements. Déjà par l’image de la fonction que renvoient les Politiques. Ils ont un devoir d’exemplarité et se doivent d’être irréprochables afin d’avoir de la crédibilité dans leurs discours et leurs projets. Or, ils ne cessent de démontrer le contraire au fur et à mesure que les années passent. Comment avoir le soutien du peuple et demander de faire des efforts si ce n’est pas le cas ? Un des faits qui m’a marqué et que j’ai trouvé très risible concerne Nadine Morano. Elle dit devant les médias qu’elle souhaite que François Fillon arrête sa campagne présidentielle et finalement, trois jours plus tard, elle soutient Fillon via le biais de son parti. Avec de tels comportements et de tels personnages qui vont là où sont leurs intérêts, je me demande comment on peut construire un avenir et un projet sérieux !

 J’ai également du mal à apporter de la crédibilité aux différents candidats car ils n’ont rien prouvé par leurs actes comme, par exemple, a pu le faire Juppé. Ce qu’il a fait de Bordeaux depuis son arrivée est à souligner. De plus, je trouve qu’ils sont totalement déconnectés du monde réel. Ce sont des personnes qui ont toujours vécu dans un environnement privilégié qui n’a rien à voir avec la majorité des Français. Ils n’ont jamais été confrontés à cette problématique qu'est de rechercher un emploi, de travailler en industrie ou autres secteurs d’activités avec des postes à obligation de résultats, connaître des difficultés financières pour vivre…
Si je fais le parallèle avec ma situation, étant responsable de production, j’ai commencé par travailler plusieurs semaines sur le terrain auprès des techniciens et des ouvriers pour comprendre le travail, connaître les problématiques et contraintes liés au métier, au produit et à l’environnement du travail. Ceci dans le but d’avoir de la crédibilité auprès de mes équipes et d’apporter des mesures concrètes, en accord avec la réalité, en prenant en compte les objectifs. Quelle crédibilité aurais-je eu en arrivant et en voulant imposer des idées qui auraient été très bien théoriquement, mais déconnectées de la réalité ?

Un autre point qui m’agace un peu dans cette campagne, ce sont les médias. A moins d’être né de la dernière pluie, on sait très bien que des affaires comme celles de Fillon ou Marine Le Pen, il y en a plein d’autres dans le monde de la politique ! Cependant, les médias choisissent toujours ces moments-là pour sortir les « affaires » afin de faire le buzz, de l’audience… On ne va pas me faire croire que, comme par hasard, ils ont découvert ça il y a quelques mois. Et du coup, ils ne parlent que de ça, parce que c’est vendeur. On n’entend pas parler des différents projets proposés par les candidats, des problèmes de fond. A quelques semaines du premier tour des Présidentielles, je trouve ça d’une aberration ! On va finir par avoir un président élu juste pour sa cote de popularité et non pour un projet avec des propositions concrètes. Tout ça pour dire que j’ai un peu de mal avec l’idée que les médias peuvent faire la pluie et le beau et décider de qui sera élu ou non...
Je pourrais continuer d’avancer de nombreux arguments, mais je vais m’arrêter là. Au final, j’accorde de moins en moins d’intérêt aux hommes et femmes politiques parce que je me rends compte qu’ils travaillent plus à pérenniser leurs intérêts et leurs privilèges que ceux du peuple. Mais tant que ça restera un métier, je ne suis pas sûr que les choses bougeront. Pour finir, je n’ai aucune idée de pour qui je voterai, je ne me retrouve pas vraiment dans ces candidats. Ce qui est sûr, c’est que j'exclus un parti extrémiste »...

• James Poirier : « Avis de grand frais ! »

Par les « primaires », les partis politiques ont organisé avec zèle et aveuglement leur propre dissolution. De ce point de vue, c’est une réussite exemplaire ! Le PS et l’ex-UMP sont émiettés, et même les partis résiduels (modem, udi, eelv) ont suivi la ruée vers l’abîme. Spectacle en direct à la télévision : suicide collectif façon Temple Solaire.

Les caciques ont péri les premiers, donnant l’exemple : Sarkozy, Hollande, Juppé, Valls, se sont jetés avec élan dans la fournaise. Un beau geste. L’histoire des sectes retiendra leur dignité théâtrale dans l’immolation. On assiste à des scènes cocasses : faisant cercle autour du brasier sacrificiel, des survivants provisoires ont voulu y pousser Fillon pour essayer de sauver un Juppé déjà cramé. Peine perdue.
Non seulement le nouveau sport des primaires a fait exploser les partis déjà vermoulus mais, bénéfice supplémentaire, ce jeu improvisé a délégitimé d’un coup tous les élus de profession ! Adieu caciques, petits maîtres, combinards, rentiers de la politique, fossiles, badernes, et autres Bayrou. Au bûcher, les apparatchiks ! De tous côtés, hagards et veules, on les voit courir, revenir pour fuir encore, en cherchant désespérément à sauver leurs privilèges…
« Mais pourquoi moi ? » crient-ils en s’abattant. Comme au marché de Brive-la-Gaillarde, ils tombent, tombent, tombent, c’est beau comme les Thermopyles mises en scène par Hérodote.

L’élection présidentielle va pouvoir enfin se dérouler. Mais sans eux.
— Sans nous ? larmoient, incrédules, quatre cents ténors d’hémicycle jetés à la rue.
— Oui, sans vous : vous ne représentez que quatre cents voix sur quarante millions, 1/100.000e de la nation. Où est le problème ?

Le Front National n’a pas échappé à l’hécatombe des chapeaux à plume. Congédiés le patriarche et ses acolytes ! Adieu l’ancienne phalange, bonjour les antimondialistes. C’était deux ans avant la Saint-Barthélémy des primaires. Deux ans d’avance sur la concurrence.

A gauche, même holocauste. La primaire a pulvérisé le PS. Parmi les rentiers du système, plus personne ne sait vers qui se tourner pour solliciter une lucrative investiture.
Avis de grand vent sur la gauchosphère. Éléphantes et sachems se retirent du jeu, attendant des jours meilleurs : Bartolone, Ségolène, Taubira ne se « représenteront » pas à une élection, disent-ils, sentant venir un chaos qui les emporterait sans distinction de grade.

Exit les appareils, exit les « familles politiques ». La fumée et l’odeur de poudre vont se dissiper. Restera l’élection dans sa pureté originelle : le peuple souverain face à trois ou quatre candidats en campagne : Fillon, Marine Le Pen, Macron, Mélenchon.

Que les convulsions intra-partisanes s’apaisent ou non, le vote des Français suivra son cours dans l’indifférence générale aux commentaires et aux gesticulations. Les élus (comme les médias) n’ont toujours pas compris que, pour les électeurs, seuls comptent le discours, la personnalité, et, accessoirement, le programme des candidats officiels.

Mai 2017 : une fois élu(e) le (ou la) président(e), les investitures sous l’étiquette « majorité présidentielle » seront distribuées comme des sucres d’orge. D’anciens hommes d’appareil se battront pour en obtenir, mais leurs anciennes « familles » auront disparu.

Une nouvelle ère commencera.

Dessin Miss Loulou
• Gérard Desrente, maire adjoint de Saintes UDI : « On n'a jamais vu une pagaille pareille, c’est du pain béni pour Marine Le Pen »

Au niveau national, l’UDI a retiré son soutien à François Fillon, puis le président Lagarde a fait des contorsions en le rejoignant à nouveau. En Charente-Maritime, le bureau de l’UDI, qui s’est réuni récemment, s’est prononcé en majorité pour un soutien à Emmanuel Macron. Une minorité n'a pas donné d'avis mais d’une manière générale, personne n’est favorable à François Fillon. Pour nous, le candidat des Républicains avait certes le droit d’employer sa famille, mais les fonctions d’attaché parlementaire pose un problème moral et d’éthique. Il n'est pas le seul et en Charente-Maritime, je connais d'autres cas. « Gardons l’oseille en famille » pourrait-on dire ! Les électeurs sont choqués et je le comprends. Quand on demande de la sueur et des larmes aux autres, il faut donner l’exemple et  rester modeste chez soi. Aujourd'hui, la seule position de l’UDI 17 est de soutenir sur Saintes/Saint Jean d’Angély Henriette Diadio Dasylva et son suppléant saintais Erol Ural aux Législatives. C’est la seule circonscription du département où l’UDI a une candidate.
Cette élection présidentielle est originale. C'est une vraie pagaille, du pain béni pour Marine Le Pen. C'est tout simplement catastrophique pour la vie démocratique. Le cinéma que nous ont fait les Républicains est inadmissible. Le PS ne se porte pas mieux et beaucoup vont partir chez Macron. Emmanuel Macron est le candidat qui va peut-être sauver la France du naufrage. Si Marine Le Pen est élue, c'est de la folie ; le programme de Benoît Hamon est en dehors des clous et si Fillon veut aller jusqu'au bout, il conduit les Républicains dans le mur. Il n’y a que lui pour ne pas le voir !
A quelques semaines de l’échéance présidentielle, c’est le flou. J'ai voté pour la première fois en 69, j'avais 21 ans. Je n'ai jamais vu une élection pareille ! 
Les grandes questions sont européennes et elles dépassent les clivages gauche/droite. Est-ce que vous voulons une Europe fédérale ou garder nos souverainetés respectives ? Macron fait une synthèse réaliste de ces sujets d’actualité.

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