lundi 14 août 2017

Morsure de vipères : va-t-on manquer de vaccins ?

Se faire mordre par une vipère est peu fréquent. Toutefois, cette « mésaventure » peut malheureusement arriver et des mesures sont à prendre. Un vaccin est souvent nécessaire, mais la situation est actuellement « opaque ». En effet, le VIPERFAV est en rupture de stock pour une durée indéterminée depuis mai 
2017. En conséquence, la date de péremption des derniers lots (2015/2016) a été repoussée. A partir de septembre 2017, le VIPERATAB d'origine anglo-saxonne sera proposé. Seul hic, il est surtout efficace pour la morsure de la vipère berus, espèce qu’on ne trouve pas dans le grand Sud-Ouest… 



Pendant les vacances, on peut faire de mauvaises rencontres. En général, les serpents fuient à l’approche des promeneurs, mais il arrive que les choses se gâtent. Voici quelques conseils qui peuvent vous aider :

• La morsure de vipère est peu fréquente et se produit surtout dans certaines régions de France (en zone rocailleuse par exemple). 200 à 300 morsures sont constatées par an, surtout au sud de la Loire (vipère aspic) et dans le Massif Central (vipère berus). Il n’y a pas d’envenimation systématique après morsure. La morsure n’est venimeuse que dans 50% des cas, sinon il s’agit d’une morsure dite sèche ou blanche. Les couleuvres peuvent aussi inoculer du venin, mais il est beaucoup moins puissant car il lui sert à paralyser ses proies, non pour mordre.
• Devant l’aggravation rapide des symptômes, une surveillance hospitalière d’au moins 6 heures est obligatoire devant toute morsure de vipère.
A domicile : il est conseillé de désinfecter la morsure, de poser de la glace sur le membre atteint et bien sûr d’appeler du 15. Ne pas hésiter à contacter le Centre Anti-Poison le plus proche (Bordeaux - 05 56 96 40 80). 
L’hôpital est le seul endroit où peut-être administré l’anti-venin. Attention, le vaccin habituel VIPERFAV n’étant plus disponible, le VIPERATAB peut être alors injecté.


• Comment distinguer une morsure de vipère ?

• Marques des crochets : 2 plaies punctiformes de 5 à 10 mm d’écart entouré par une auréole érythémateuse. 

• Douleur souvent immédiate à type de brûlure profonde pouvant irradier tout le membre atteint 

• Œdème : Précoce et signe de gravité car proportionnel à la quantité de venin inoculé. Si envenimation sévère, œdème douloureux, dur et froid. 

• Ecchymose, voire nécrose : Signes de gravité.
•  Fièvre, asthénie, sensation de malaise. 

•  Les troubles digestifs (douleur, nausées, vomissements) sont la première manifestation d’une atteinte systémique ainsi que des signes cardiovasculaires.



•  Traitement à faire à domicile

Allonger et rassurer la victime ; désinfecter au point de morsure (avec du Dakin) 
; appliquer de la glace sur le membre mordu 
; appeler le SAMU si critères de gravité 


  
• Traitement à ne pas faire à domicile

• Incision / succion / cautérisation du point de morsure.

• Ne pas mettre en place un garrot au niveau du membre lésé

• Ne pas utiliser un dispositif d’aspiration type Aspivenin (car inefficace)
• Ne pas injecter soi-même un anti-venin à domicile 

• Ne pas donner de boisson tachycardisante (thé, café)

• Les traitements administrés à l’hôpital

•  VIPERFAV (produit par Sanofi) : Anticorps d’origine équine neutralisant les protéines circulantes. Adapté aux vipères européennes (V. aspis, V. berus, V. ammodytes) à administrer dans les 10 heures suivant la morsure. Seul problème, le VIPERFAV est en rupture de stock pour une durée indéterminée depuis mai 2017. La date de péremption des derniers lots (2015/2016) a été repoussée. A partir de septembre prochain, en alternative, sera administré une spécialité anglo-saxone le VIPERATAB obtenu à base d’anticorps d’origine ovine, uniquement efficace sur la vipère berus qu’on ne trouve pas dans notre région…
Faut-en conclure que les laboratoires ne fabriquent certains vaccins ou médicaments que lorsqu’ils sont rentables ? La question reste posée…

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